Fonds monétaire africain : Le siège disponible aujourd’hui

Publié le par CERDOM

Une délégation du FMA venue de Addis Abeba et conduite par le commissaire aux Affaires économiques est au Cameroun à cet effet depuis le 16 septembre 2009.

Dans les coulisses des services du Premier ministre, au ministère des Relations extérieures et au ministère des Finances, on règle les derniers détails. La délégation de la Commission de l’Union africaine est-là. Le siège du Fonds monétaire africain (FMA), sis à l’immeuble du Crédit agricole (en face de l’immeuble ministériel N°2) a déjà été visité. Il attend d’être réceptionné en fin de cet après-midi par la délégation venue d’Addis Abeba. Les clés et tout le patrimoine reçus du gouvernement du Cameroun seront par la suite remis à la disposition de Jean Marie Gankou, président du Comité de mise en place du FMA. Ce sera un autre épisode vers le fonctionnement effectif de cette institution, le dernier épisode en date étant la désignation, le mois passé de Jean Marie Gankou comme président du comité de mise en place du FMA. Il sera secondé par quatre membres.

La délégation de la Commission de l’Union africaine tient à le préciser, la cérémonie de cet après-midi n’est point une cérémonie d’installation, mais plutôt une occasion qui permet d’introduire Jean Marie Gankou. L’installation proprement dite n’interviendra que plus tard, suivant les usages protocolaires et diplomatiques de l’Union africaine.

Il faut sans doute le noter, le FMA qui sort progressivement des fonds baptismaux, sera une institution au même niveau que le parlement africain ou la Commission de l’Union africaine, quoique cette dernière ait reçue mandat des chefs d’Etat de l’Union africaine d’accompagner et de coordonner sa mise en place. La seule différence réside dans le fait que la commission de l’UA est le bras opérationnel de l’UA, la création de l’une et l’autre institution figure dans l’acte constitutif de l’Union Africaine (UA).

Le FMA, comme la Banque centrale africaine ou la Banque africaine d’investissement seront des instruments de l’UA pour impulser le développement économique et l’intégration en tenant compte des réalités et des besoins du continent. D’aucuns soutiennent que les effets de la récente crise financière ont dû accélérer le processus de leur mise en place. Car l’Afrique a ressenti grièvement les effets de cette crise qui est venue d’ailleurs et qu’il l’a gravement secoué avec la chute du volume de ses exportations, la diminution de l’aide au développement et l’effondrement de sa croissance. Pour Abdallah Msa, chef de division des politiques économiques et la Recherche à la Commission de l’UA, la mise en place du FMA au Cameroun, de la Banque centrale africaine au Nigeria et de la Banque africaine de développement en Libye est un acte fort de regroupement tant souhaité pour échapper le cas échéant au diktat imposé d’ailleurs et souvent inadapté aux réalités des pays en développement. Déjà, on n’y perçoit des voies vers le marché commun africain tant souhaité où la capitalisation des efforts afin que l’Afrique pèse de tout son poids à l’échiquier mondial.

Le FMA jouera au niveau de l’Afrique, le rôle du FMI au niveau mondial, c’est-à-dire celui de gendarme des économies africaines. Ce sera l’épicentre du système monétaire africain. Le FMA sera à équi-distance entre la banque centrale africaine (BCA) et la Banque africaine des investissements (BAI).


 

                                                                                                                                      Jeanine FANKAM. Cameroun Tribune

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