théories économiques: les femmes dans la théorie économique

Théories économiques :
Les femmes dans la théorie économique

 

École institutionnaliste

Ce courant spécifie le rôle des institutions comme l'État ou bien encore la famille dans la formation et le développement des processus économiques. L'institutionnalisme se différencie par le rejet des principes fonctionnalistes individuel (néoclassique) et social (marxiste). Ce courant montre notamment que les institutions ayant un rôle déterminant dans l'expérience professionnelle ce sont elles et non le manque de valorisation du capital humain comme le soutiennent les néoclassiques qui sont à l'origine des inégalités de salaires entre hommes et femmes. L'étude des processus culturels peut également servir à expliquer les différences entre les sexes par le biais de construction de mythes, par exemple, celui de la " maternité innée ", c'est-à-dire l'existence de caractéristiques " naturelles " des femmes qui les rendraient plus aptes au travail domestique. La construction de ces mythes reste cependant inexpliquée.

(Hodgson, Jennings)

 

Économie de la violence domestique

On mesure difficilement le niveau et l'évolution de la violence. Il en va de même pour les coûts (dépenses médicales, pertes de revenus, aide du gouvernement, etc.). Ce courant cherche également à expliquer pourquoi des femmes battues retournent auprès de leurs partenaires. Les explications sont souvent d'ordre psychologique. La violence les paralyserait. Pour certains, le problème est avant tout social et non psychologique. Le retour auprès du partenaire peut s'expliquer rationnellement si on considère que les services d'aide ne répondent pas aux demandes des femmes battues. Plus l'aide sera disponible, moins probable sera le retour au foyer. Ces services peuvent également servir aux femmes pour " signaler " à leurs partenaires que le point de rupture est atteint. Le retour constitue également la meilleure alternative puisque le signalement permettra de baisser le niveau de violence du partenaire.

(Farmer, Tiefenthaler)

 

Microéconomie de la répartition des tâches familiales

L'approche de l'Ecole de Chicago consiste à appliquer les postulats de la maximisation de l'utilité sous contraintes de revenu, de temps et de production à des décisions concernant le travail domestique ou le choix d'avoir des enfants. Dans cette approche, la famille est considérée comme une unité de production et de consommation. Les décisions en matière d'allocation du travail total disponible dans une famille doit permettre à la famille de maximiser ses gains. La variable à maximiser est alors le revenu total de la famille. Cette " collaboration familiale " peut s'expliquer par un consensus en faveur le partage ou une forme d'altruisme du chef de famille. Une personne est dite altruiste si l'augmentation de la consommation des autres membres de la famille est inclus dans sa fonction d'utilité. La théorie ne dit cependant rien sur l'obtention de ce consensus, ni sur l'existence de préférences altruistes dans un univers égoïste. (G. Becker)

 

 

Perspective marxiste

Le travail domestique s'analyse comme l'effort lié à la production de valeur d'usage donnant lieu ou non à un échange marchand. Pour certains, la situation des femmes dans la famille et le travail domestique répondent à la logique du capital. Il en résulte que la lutte des femmes fait partie de la lutte des classes. D'autres, au contraire, opposent la logique du capital à la logique du patriarcat. Les femmes dans la famille sont exploitées par les hommes. Les femmes constituent donc une classe spécifique et antagoniste des hommes. La lutte des femmes est autonome vis-à-vis de la lutte des classes. Pour d'autres encore, il est nécessaire d'articuler les deux logiques. Ainsi, la fin du capitalisme ne signifiera pas la fin de l'oppression des femmes. Inversement, le patriarcat ne peut se comprendre sans sa base matérielle, à savoir qu'il repose sur le contrôle exercé par l'homme sur le travail de la femme à l'intérieur comme à l'extérieur foyer. (Harrison, Hartman)

 

Science économique féministe

Elle part du constat que l'analyse économique et les politiques économiques sont le fruit du sexisme. Le contenu de l'analyse économique féministe n'est pas liée aux différences entre hommes et femmes. Le fond du problème est que l'analyse néoclassique est sexiste. La théorie économique en insistant sur les concepts de rareté, d'intérêt personnel et de concurrence rejettent ceux de l'abondance, de l'altruisme et de la coopération. Pour certains, ces dichotomies (rareté/abondance, intérêt égoïste/altruisme, concurrence/coopération) correspondent au côté masculin et au côté féminin. Cette explication est contestée car elle ne ferait que perpétuer les stéréotypes. En revanche, il y a un consensus pour soutenir que si la maximisation du bien-être passe par l'intérêt égoïste et la concurrence, alors il n'y a plus de place pour la coopération et un autre partage du pouvoir et du bien-être. (Nelson, Strober)

 

Segmentation du marché du travail

La théorie distingue deux marchés du travail : primaire et secondaire. Les emplois du marché primaire se caractérisent par une rémunération plus élevée et de meilleures conditions de travail. Cette théorie d'un double marché du travail permet de mieux comprendre l'inégalité des hommes et des femmes en montrant la distribution sur le marché et selon les professions. Dans le segment féminin, les salaires sont plus bas et l'éventail des professions et des expériences est plus réduit. Au moment du recrutement, et en raison des coûts d'information et de prospection, l'employeur aura rationnellement tendance à recruter dans le marché primaire où se trouve concentrer les hommes et à délaisser le marché secondaire où se trouvent les femmes. Etant donné que les hommes ont suivi une meilleure formation et ont plus d'expériences, les employeurs ont toujours une préférence pour eux et la ségrégation se perpétue. (Doeringer, Piore)

 

Ségrégation socio-culturelle

Pour expliquer les phénomènes de ségrégation et de discrimination à l'embauche, ces théories se concentrent sur des facteurs externes au marché du travail Elles font apparaître l'étroite correspondance qui existe entre les caractéristiques des professions " féminines " et les stéréotypes habituels sur les qualité des femmes : souci d'autrui, habileté manuelle, charme, manque de force physique, préférence pour la flexibilité, etc.. Les responsabilités familiales peuvent pousser les femmes vers les métiers en question. Mais c'est la réputation de ces professions et non leur nature qui les font apparaître comme féminines. A priori, il n'y a par exemple aucune raison de supposer qu'une profession, quelle qu'elle soit, soit par nature " flexible " ou " peu flexible ". (Anker)

 

Théorie du capital humain

Appliquée à la demande d'éducation, elle cherche également à rendre compte du rôle des femmes dans l'économie. La théorie néo-classique pose que les travailleurs cherchent les emplois les mieux rémunérés en fonction de leurs capacités, de leurs obligations et de leurs préférences et que les employeurs minimisent les coûts. Dans cette optique, si les femmes sont moins bien rémunérées cela peut provenir : 1°/ d'une productivité plus faible (une formation moins élevée réduit la valeur du capital humain et donc la productivité) ; 2°/ des préférences professionnelles des femmes ; 3°/ du coût du personnel féminin (les absences, la nécessité de mettre en place des systèmes de garde d'enfants et la réglementation contribueraient à alourdir le coût du travail féminin) ; 4°/ de la propension à la discrimination des employeurs. Ces derniers ont des préjugés à l'égard de personnes qui se distinguent par certaines caractéristiques. Les embaucher impliquerait un coût. L'origine du goût pour la discrimination n'est pas cependant expliquée. (G. Becker)

 

Théorie du mariage et du divorce

Les modèles de préférence commune ne peuvent être utilisés pour analyser des décisions comme le mariage ou le divorce puisque les utilités individuelles du mari et de la femme ne peuvent être extraites de la fonction commune de bien-être. On a donc recours à des modèles de négociation de la théorie des jeux. Un premier modèle est celui avec menace de divorce. Le point de menace correspond aux gains associés aux utilités résultant du divorce. Ce point est fonction de la possibilité de conserver la propriété du revenu et de variables externes (situation du marché du remariage). Un deuxième modèle pose que le point de menace est interne au mariage. C'est un équilibre non coopératif où chaque conjoint fournit volontairement des biens collectifs et adopte une stratégie optimale. Le mariage non coopératif peut être préférable au divorce si la perte de pouvoir consommer des biens collectifs peut être plus dissuasif que le divorce. (Lundberg, Pollak)

Source : documentation française

 

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