théories économiques: relations internationales

Théories économiques :
Relations internationales

 

Politique intérieure

Les contraintes du système international sont minimisées. Les caractéristiques de ce dernier dépendent des Etats qui eux-mêmes dépendent des acteurs internes (administration, groupes de pression, électorat, etc.). L'Etat est fragmenté. Les bureaucrates, les groupes de pression, la force plus ou moins faible de l'administration expliquent l'incohérence et les variations de la politique étrangère. Les perspectives de coopération sont pessimistes. Les luttes entre l'administration et les groupes de pression, entre les groupes de pression, la prise en compte des échéances électorales peuvent distordre la formation des préférences des Etats et conduisent ces derniers à adopter un comportement sous optimal au plan international. Ce courant tend à sous-estimer le poids des contraintes du système international dans la décision et le comportement des Etats.

(Dahl, Schattschneider, Gourevitch, Ikenberry, Milner)

 

Théorie constructiviste

Les relations entre Etats relèvent plus d'un système de croyances et de représentations que de considérations seulement matérielles. La loi internationale érode la souveraineté des Etats en raison de la puissance des normes. Les Etats sont les principaux acteurs. Les identités et les intérêts de l'Etat sont largement construits par les structures sociales. Ils ne sont pas déterminés par la nature humaine ou bien encore par le jeu des groupes de pression. Optimistes. L'anarchie du système international résulte plus des croyances que de données objectives. Il est dès lors possible en modifiant les croyances, les idées de modifier le comportement des Etats et de les faire sortir des situations de dilemme du prisonnier. Ce courant décrit et explique mieux le passé que d'établir des prédictions vérifiables empiriquement. Ce courant sous-estime le poids des intérêts des groupes de pression, etc. Les idées peuvent être instrumentalisées par les pouvoirs politiques afin de servir leurs fins.

(Wendt, Kratochwill, Rosenau)

 

Théories libérale et néolibérale

Le système international se caractérise par une interdépendance économique croissante et l'extension de la démocratie. Il existe une multiplicité d'acteurs : Etats, firmes multinationales, organisations internationales, etc. Pour les néo-libéraux, l'Etat joue toutefois toujours un rôle central. L'Etat est un acteur unitaire et rationnel et il a de multiples objectifs : croissance, plein-emploi, Etat-providence, sécurité et pouvoir. Les Etats privilégient les gains absolus. Les perspectives de coopération sont donc plus optimistes. La coordination est vue comme un jeu répété où les considérations de crédibilité ou de réputation l'emportent sur une défection à court terme (le coût de la sanction est supérieur au bénéfice de la défection). Les organisations internationales facilitent la coopération en abaissant les coûts de transaction. Ces théories tendent toutefois à ignorer le rôle du pouvoir en tant que tel. Dans certaines circonstances, il est difficile d'identifier et d'établir la preuve de la défection, dès lors les Etats hésiteront à s'engager dans la coopération. (Nye, Keohane, Axelrod, Haas)

 

Théories marxiste et néomarxiste

Le système international est un système capitaliste et son objectif est donc la reproduction élargie. Les pays capitalistes exploitent les pays en développement avec la complicité des classes dirigeantes de ces pays (théorie de la dépendance). Les Etats sont les principaux acteurs. L'Etat est fragmenté en raison de l'opposition des classes capitalistes. Il a donc une certaine autonomie. Les perspectives de coopération sont pessimistes. Les conflits résultent de la lutte pour le profit et la reproduction du capital et débouchent sur des guerres impérialistes. Le capitalisme n'est pas seul à l'origine des conflits, le socialisme n'implique pas l'harmonie. Les pays en développement après avoir constaté l'échec des stratégies d'industrialisation autocentrée se sont progressivement ouverts commercialement.

(Wallerstein, Prebisch, Amin, Block)

 

Théories réaliste et néoréaliste

Le système international est anarchique au sens où il n'y a pas d'autorité supranationale. Les acteurs les plus importants sont les Etats. Les autres acteurs internationaux notamment les organisations internationales n'ont pas d'autonomie par rapport aux Etats. L'Etat est un acteur unitaire et rationnel qui a pour finalité de maximiser sa puissance et sa sécurité. Il privilégie les gains relatifs. Les perspectives de coopération sont pessimistes. Les autres Etats sont considérés comme des ennemis. Les Etats refusent la coopération même si elle entraîne des gains absolus en raison de la peur de perdre en termes relatifs. Ces théories ont été critiquées au sens où elles ne prendrait pas en compte les changements internationaux (interdépendance, phénomène de spill over). (Morgenthau, Aron, Waltz, Krasner)

 

Théorie des régimes internationaux

La stabilité est assurée par différents régimes internationaux, c'est-à-dire un ensemble de principes, de normes, de règles et de procédures de décision, implicite ou explicite, autour desquels les attentes des acteurs convergent. Les Etats sont les principaux acteurs. L'Etat est un acteur unitaire et rationnel, il a de multiples objectifs : croissance, plein-emploi, Etat-providence, sécurité et pouvoir. Les Etats privilégient les gains absolus Les perspectives de coopération sont optimistes. Les régimes internationaux baissent les coûts de transaction, facilitent les stratégies de réciprocité, permettent de traiter à un moindre coût l'apparition d'un problème supplémentaire. Les Etats mesurent les avantages d'une coopération à long terme par rapport à ceux obtenus à court terme par défection et le risque de sanction qui s'en suit. La notion de régime international ne tient pas compte du pouvoir en tant que tel. Dans le domaine des télécommunications, les Etats ont installé un régime international afin d'obtenir des bénéfices réciproques ; une fois atteint la frontière d'efficacité, la logique du pouvoir national a repris ses droits. (Rugie, Keohane, Nye, Axelrod)

 

Théorie de la stabilité hégémonique

La stabilité du système international est conditionnée par la production de biens collectifs internationaux. Les acteurs sont le pays leader et les autres Etats. Un Etat est leader s'il détient la majeure partie des ressources dans le monde. Le leader offre ce bien collectif même s'il en supporte le coût car c'est un gros consommateur de ce bien. Les petits Etats exploitent le grand Etat. L'offre peut s'expliquer par la nature coercitive du leader qui exerce son hégémonie. Les perspectives de coopération sont pessimistes. Tant qu'un leader n'émerge pas ou ne manifeste pas le désir de produire les biens collectifs internationaux, le système international n'est pas stabilisé. Même si le leader remplit sa fonction, à terme il déclinera car le coût supporté par celui-ci et le comportement de passager clandestin des autres Etats impliquent une baisse de sa richesse. Il est difficile d'identifier le pays leader. Le déclin des Etats-Unis ne s'est pas accompagné d'une instabilité des relations internationales. Historiquement, à certains moments, la stabilité a résulté d'une entente à 2 ou 3 pays.

(Kindleberger)

Source : documentation française