Règle(s) versus discrétion

Publié le par cerdom

En matière de politique économique les autorités doivent-elles suivre des règles de conduite ou bien décider de manière discrétionnaire (libre) de la stratégie.


En régime d’étalon-or des mécanismes garantissaient la stabilité des prix et des cours de change. La force de l’étalon-or reposait sur sa crédibilité. Aujourd’hui des règles paraissent se substituer aux mécanismes pour garantir la stabilité des prix (règles de politiques monétaire et budgétaire). Les règles sont apparues dans les années 1970 à la faveur de la montée en puissance des idées libérales. Les économistes de la NEC recommandent la neutralisation des politiques économiques conjoncturelles.


Le point clef d’un tel sujet est l’interaction stratégique qui peut s’établir entre les autorités et les agents économiques ? Dans quelle mesure les agents anticipent-ils les effets des politiques ? Comment réagissent-ils face à des surprises de politiques économiques ?


Partie 1 La cohérence temporelle au coeur du choix.


.A. Les cycles électoraux et budgétaires


Retour sur les travaux de Kydland et Prescott (1977) et les effets contreproductifs de l’incohérence temporelle. Evocation des travaux de Nordhaus sur les cycles budgétaires (1980) : à la veille des élections les gouvernements sont tentés de soutenir l’activité à travers la politique budgétaire au risque d’aviver les tensions inflationnistes.
La notion de biais inflationniste peut aussi être développée.


.B. Crédibilité et ancrage des anticipations


Le thème de l’autonomie de la Banque centrale. Comment l’autonomie renforce la crédibilité.
Le PDR et sa conduite.
Principe de Bagehot (1877), la banque centrale doit venir en aide à toute banque non liquide mais solvable en appliquant un taux de pénalité.
Principe du « Too big to fail », une sorte de règle mais un problème d’alea moral.


Partie 2. Le choix des règles, une politique ?


.A. Les règles en matière de finance publique


La règle d’or, il s’agit d’une règle de finances publiques stipule que le solde public de fonctionnement c’est-à-dire hors dépenses d’investissement public, doit être équilibré à moyen terme. Les dépenses d’investissement peuvent être financées par emprunt, cette règle a été adoptée par le gouvernement britannique en 1998.


Les normes d’équilibre budgétaire, sont autant de règles.
Buchanan (1977)
Les critères de convergence dans l’UEMOA
Maastricht (1991) et le PSC (1997).
Les justifications de cette norme (risques liés aux déficits et à la dette, préserver des marges de manoeuvres de politique économique pour l’avenir, anticiper le vieillissement de la population et ses conséquences…)
Le problème une règle trop rigide n’est pas compatible avec le jeu des stabilisateurs automatiques de la conjoncture.
 

 

.B. Les règles de politique monétaire


La règle de Taylor est la plus connue des règles de politique monétaire.


i = r* + Π + 0,5 (Π-Π*) + 0,5 y


avec i le taux d’intérêt nominal
Π le taux d’inflation
Π* la cible d’inflation des autorités monétaires
y l’écart de production
r* le taux d’intérêt réel d’équilibre de long terme c'est-à-dire le taux correspondant à une situation où la croissance de la production est égale à la croissance potentielle et où l’écart entre le taux d’inflation et la cible est nul.


Pour Ch. Bordes et L. Clerc « La politique monétaire de la BCE tout comme celle de la réserve Fédérale – n’est pas très éloigné de celle correspondant à la règle de Taylor », cela signifie que la variation des taux répondrait à des déviations du taux d’inflation par rapport à son objectif mais aussi aux déviations de la production par rapport à son niveau potentiel. Sur cette base on ne pourrait pas accuser la BCE de dogmatisme.
Règle instrumentale et règle de ciblage


Références utiles.
« Théorie de la politique monétaire : esquisse d’une refondation », J-P Pollin, conférence présidentielle, www.afse.fr/docs

 

 

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