Prix Nobel d'économie 2010: Récompense à des théoriciens du marché du travail

Publié le par cerdom

 

                                                                    prix nobel 2010
Le prix Nobel d’économie 2010 récompense les Américains Peter Diamond (à gauche sur la photo) et Dale Mortensen (au milieu), et le Britannico-Chypriote Christopher Pissarides pour leurs travaux portant sur la difficulté à harmoniser l’offre et la demande, en particulier sur le marché du travail.

Pourquoi y a-t-il autant de personnes sans travail alors que de nombreuses offres d’emploi sont proposées au même moment ? Comment la politique économique peut-elle influencer le niveau du chômage ? Les lauréats du prix Nobel d’économie 2010 ont développé une théorie qui peut être utilisée pour répondre à ces questions. Leurs travaux démontrent notamment que plus les allocations chômage sont élevées, plus le niveau de chômage est important et la durée de recherche d’emploi longue.

peter-diamond.jpgL’Américain Peter Diamond, âgé de 70 ans, est professeur au Massachusetts institute of technology. Économiste en vue sur la scène politique, il a été pressenti cette année pour diriger la Federal american reserve, la banque centrale américaine. Il avait démontré dès 1971 que les coûts générés par des recherches pouvaient faire varier les prix d’un marché d’une manière si importante que la libre concurrence ne s’appliquait plus.

 

dale mortensenL’Américain Dale Mortensen, 71 ans, professeur à l’université de Northwestern, s’est fait connaître par ses travaux sur la recherche d’emploi et le chômage frictionnel, entre deux emplois. Enfin,

 

chris_pissarides.pngChristopher Pissarides, 62 ans, professeur à la London school of economics est un spécialiste des interactions entre le marché du travail et les décisions de stratégie économique. À noter que Dale Mortensen et Christopher Pissarides ont déjà reçu en 2005 le prix de l’Institut allemand IZA spécialisé sur l’économie du travail pour leurs travaux sur le chômage, la création et la destruction d’emplois.

La théorie développée par les trois lauréats peut également s’appliquer à d’autres marchés que celui de l’emploi. Notamment à tous les « marchés de recherche » qui se caractérisent par le fait que les acheteurs et les vendeurs ne sont pas immédiatement en contact les uns avec les autres. Dans ce cas, le processus de recherche est long et coûteux – les acheteurs et les vendeurs doivent dépenser du temps et de l’argent pour se rencontrer – ce qui crée des frictions rendant certains échanges impossibles. À côté du marché du travail, c’est par exemple aussi le cas sur le marché de l’immobilier, où des biens restent invendus alors que nombre de personnes ne trouvent pas de logement. Comment se forment les prix sur de tels marchés ? Les gouvernements doivent-ils intervenir pour fluidifier ces marchés ? La théorie des trois lauréats permet de traiter ces questions à partir de l’analyse de la structuration des « marchés de recherche ».

                                                                                                                                                                                    pour-2-.gif

 

 

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