Le détournement d'environ 19.5 milliards de francs CFA au bureau extérieur de paris et le placement perdu de 16 milliards de francs CFA remet-elle en question la crédibilité de cette institution?

Publié le par CERDOM

L’information a fait la une de Jeune Afrique le  lundi 14 septembre 2009 dernier. Selon l’hebdomadaire parisien, «entre 2004 et 2008, trente millions d’euros, soit environ dix-neuf milliards de francs Cfa au minimum ont été détournés au sein du bureau de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (Béac) à Paris ». L’hebdomadaire cite des sources ayant eu accès au rapport d’enquête menée au sein de la Béac. Au cours d’un sommet extraordinaire de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (Cemac) le 30 janvier 2009 à Libreville, les chefs d’Etat avaient commandé des audits de la banque.

Selon les rapports de cette enquête, depuis 2004, des fonds injectés depuis le siège de la Béac à Yaoundé, au Cameroun, sur les comptes du bureau extérieur de Paris (Bep) ont été détournés. Au cours de la période allant de 2004 à juillet 2008, « 2400 chèques frauduleux ou suspects ont été émis, 38 virements suspects ont été repérés, 1298 retraits en liquide non reversés et non enregistrés dans le livre de caisse ont été effectués au Bep », révèle Jeune Afrique.
Le journal de Béchir Ben Yamed publie également la liste des personnes impliquées dans ce scandale à divers titres. En réalité, les transferts suspects ont été faits par le biais de sociétés écrans, le Béac, (Bureau d’études d’Afrique centrale) et une société civile immobilière pilotées par Armand Ndzamba, ancien cadre maison, actuellement à Libreville. Parmi les opérations les plus fumeuses, le rachat du le siège de la Banque à Paris et le paiement de plusieurs prestations surfacturées contre commissions astronomiques à certains cadres de la banque. Le détournement a pris corps durant le gouvernorat de Jean Félix Mamalepot. Plusieurs cadres de la    Banque ont été licenciés, mais aucune action judiciaire n’a été prise par le gouverneur contre les mis en cause.
Au cours d’une session extraordinaire tenue le 28 août 2009 à Douala, le conseil d’administration de la Béac avait « pris connaissance des rapports provisoires d’audit de la banque, d’audit spécifique sur la gestion des réserves de change et du rapport d’audit commis par la conférence des chefs d’Etat de la Cemac ». Le communiqué final issu de ce conseil d’administration indiquait que «les membres ont été informés des mesures déjà prises ainsi que des actions prévues par la Béac pour corriger les insuffisances relevées à travers ces rapports ».
Les audits avaient été commandés à la suite des placements à risque opérés par la Béac auprès de la Société générale à Paris. Un de ces placements, d’un montant de 328 milliards de F cfa, soit environ 500 millions d’euros, avait fait perdre aux Etats de la Cemac 16,4 milliards de F cfa, soit environ 25 millions d’euros, selon une révélation du ministre des Finances du Cameroun, président en exercice du comité ministériel de la Béac, Essimi Menye, le 4 février 2009. Au cours du sommet extraordinaire des chefs d’Etat de la Cemac à Libreville le 30 janvier 2009, il avait été décidé de suspendre tous les placements et de faire réaliser deux audits. Le premier devait faire la lumière sur la façon dont les opérations de placement avaient été conduites et le second devait établir les modalités internes de fonctionnement de la Béac.
Joint au téléphone, un cadre de la Béac, qui a souhaité parler sous anonymat, indique que « les rapports des audits ont été transmis uniquement aux membres du conseil d’administration pour avis avant d’être envoyés aux chefs d’Etat de la Cemac. Au niveau du siège de la Béac à Yaoundé, nous n’avons pas eu accès au contenu de ces rapports. C’est d’ailleurs vous qui m’informez que ces rapports indiquent qu’il y a eu des détournements à la Béac. De toutes les façons, les chefs d’Etat vont en prendre connaissance et les mesures qui s’imposent seront prises ».

                                                                                                                                   Source: Le Jour quotidien

Publié dans A votre Avis

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